Les canivets

Image de communion. Chromolithographie collée sur un canivet, fin XIXe siècle
Réserve bibliothèque
© MAD

Les canivets sont des décors découpés en papier ou vélin. Le terme vient du mot canif, outil utilisé pour les fabriquer. Dès le milieu du XIXe siècle, les dentelles formant l’encadrement sont obtenues avec un moule en fonte, sorte d’emporte-pièce, qui permet à la fois de découper le papier et de le gaufrer. La feuille de papier est posée sur le moule, puis martelée à l’aide d’un maillet de plomb.

Les canivets ont été très prisés dès le début du XIXe siècle pour l’ornementation des images pieuses. En leur centre était collée une image imprimée, le plus fréquemment en chromolithographie.

Emporte-pièce pour canivet
© MAD, Papiers peints

Les poncifs

Malgré les apparences, canivets et poncifs sont de natures très différentes. En effet, les perforations du premier ne sont que décoratives alors que celles du second servent à reproduire des dessins ou des estampes. Après avoir percé des trous sur les lignes avec une épingle, l’utilisateur passe une poudre de charbon de saule qui reporte le motif sur un autre support. Cette technique est bien visible sur la troisième image de la gravure du Libro primo De rechami d’Alessandro Paganino.

Le pochoir

La gazette du Bon Ton, n° 6, avril 1913, pl. X
Réserve JP 24
© MAD

Le pochoir, patron de carton ou de métal aux motifs évidés, est utilisé dès le Moyen-Âge pour colorier les estampes : images populaires, cartes à jouer puis papiers dominotés. Au début du XXe siècle, il connaît un renouveau sous l’impulsion de l’édition de luxe de revues de mode ou de motifs décoratifs réunis en portefeuilles. Le maître de cette technique est alors Jean Saudé qui publie en 1925 un Traité d’enluminure d’art au pochoir dont chaque exemplaire contient un pochoir et son impression.

Les katagami

Les katagamis sont des pochoirs destinés à l’impression des tissus. Ils apparaissent au XIIe siècle au Japon. Dès la fin du XIXe siècle, des katagami entrent dans les collections de la bibliothèque et du musée. Ils sont fabriqués avec plusieurs épaisseurs de feuilles de papier de Kozo (écorce de mûrier) collées ensemble puis traitées au jus de kaki, ce qui leur apporte une très grande résistance. Le papier est ensuite découpé, à raison de plusieurs feuilles superposées (généralement 6) en une seule fois. L’artisan emploie pour la découpe des canifs, des emporte-pièces et des poinçons. Un katagami permet de décorer entre 20 et 30 kimonos. Un ou deux katagami suffisent à réaliser les motifs.