jeudi 7 juin à 18h30, Du mannequin : entre la vitrine de la boutique et celle du musée

Pour présenter le vêtement, le mannequin est incontournable. Mais la vente et la muséographie ne répondent pas aux mêmes objectifs ni aux mêmes contraintes. Le mannequin commercial use de toute sa séduction pour pousser à la consommation immédiate de la dernière mode, alors que son homologue de musée doit concilier exposition et conservation des modes. Ils convergent tous deux à mettre en valeur un vêtement hors de portée du visiteur. Leurs évolutions ont été historiquement façonnées par des modèles communs, notamment les expositions universelles.

Rencontre entre Joséphine Pellas, spécialiste de mise en exposition au sein du département de la prévention des collections du MAD et Erwan de Fligué, auteur de « Une histoire du mannequin de vitrine » (Flammarion).

Mercredi 6 juin à 18h30, L’historicisme au XIXe siècle : le néo-grec [5/5]

« Un nouveau regard sur l’Antiquité : le décor néo-grec », Olivier Gabet, directeur du musée des Arts décoratifs ; « Sèvres, terre fertile de l’art néo-grec », Sébastien Quéquet, chargé des programmes culturels, Musée des Arts décoratifs ; « Des Grecs "modernes" : les sculpteurs et les fabricants dans le bronze d’ameublement au XIXe siècle », Sabine Lubliner-Mattatia, docteur en histoire de l’art.

Mercredi 30 mai à 18h30, Yves Saint Laurent et Jeanloup Sieff

« Dans toutes les photographies, c’est bien du temps qu’il s’agit ; du temps qui glisse entre les doigts, entre les yeux, du temps des choses et des gens, du temps des lumières et des émotions, du temps qui jamais plus ne sera comme avant » affirmait Jeanloup Sieff. On lui doit les plus beaux portraits d’Yves Saint Laurent, lequel s’est mis à nu devant son objectif en 1971. Yves Saint Laurent se disait « né avec une dépression nerveuse », Jeanloup Sieff se revendiquait « superficiel et frivole ». Quels secrets, quelles blessures, quels enchantements partageaient-ils ?

Laurence Benaïm, biographe d’Yves Saint Laurent (nouvelle édition, Grasset, mai 2018), et Sonia Sieff, photographe, fille de Jeanloup Sieff, qui réalise actuellement un film sur son père, évoquent au fil d’une projection animée, la complicité entre les deux artistes, mais aussi les soleils de la mélancolie, l’exil, l’esprit rive gauche, le corps, la peau, l’œuvre au noir.

Jeudi 5 avril à 18h30, Importer du rêve, les papiers peints chinois au XVIIIe siècle

Au nom de la Compagnie des Indes apparaissent dans l’imaginaire collectif les exotiques épices, cotonnades colorées, porcelaines et laques, mais rarement les papiers peints. Bien qu’arrivés tardivement dans les cargaisons et dans des proportions réduites, ces derniers, spécialité chinoise, connurent cependant un grand succès commercial en France grâce à leurs séduisants décors, à leur originalité et à leur coût relativement réduit.

Cette conférence se propose de retracer les circuits commerciaux empruntés par les papiers peints au XVIIIe siècle, lorsque les Compagnies des Indes purent enfin aborder à Canton et se fournir directement sur le riche marché chinois. Après l’arrivée des vaisseaux et leur déchargement à Lorient, quels acteurs (intermédiaires, transporteurs et autres) intervenaient pour les transporter et les livrer dans les boutiques des marchands merciers, leurs principaux débiteurs ? Quelle était la clientèle intéressée par ce type de produit ? Quels étaient les différents emplois de ces papiers peints dans les intérieurs, tant sur les murs que sur les meubles ? Quelles étaient les raisons de leur succès ?

Leur matière fragile explique la disparition progressive de la plupart de ces décors dans les intérieurs et sur les meubles au gré de l’évolution des goûts et leur grande rareté de nos jours. À l’égale des porcelaines et des laques, les papiers peints chinois stimulèrent l’imagination des artistes européens et des techniciens qui souhaitèrent rivaliser avec ces productions. Les recherches participèrent au développement des manufactures de papier peint en France, dont la célèbre Réveillon, et à la diffusion du papier peint dans le décor intérieur.

Avec Stéphane Castelluccio, chargé de recherche au CNRS HDR, Centre André Chastel UMR 8150.

Mercredi 4 avril à 18h30, L’historicisme au XIXe siècle : vases étrusques et sièges curules, les formes antiques [4/5]

« Déclinaisons du vase antique au XIXe siècle », Odile Cavalier, conservateur en chef du patrimoine, musée Calvet, Avignon ; « Lampes « argonaute » et théières « pestum », l’Antique revisité de la manufacture de Sèvres », Virginie Desrante, conservateur du patrimoine, Service des musées de France, Anaïs Boucher, conservateur du patrimoine, Musée d’archéologie nationale Saint-Germain-en-Laye ; « L’influence des modèles antiques pour les sièges à dossier ajouré », Yves Carlier, conservateur général du patrimoine, musée national du château de Versailles.

Jeudi 22 mars, Dubuffet ou l’idée festive : Jean Dubuffet – l’Outil photographique

L’exposition « Jean Dubuffet – L’Outil photographique » présentée l’été dernier aux Rencontres d’Arles, et reprise prochainement au Musée de l’Elysée à Lausanne (30 mai – 23 septembre 2018), opère un revirement complet du regard sur l’abondant fonds photographique conservé à la Fondation Dubuffet. Il s’agit d’une relecture adoptant le point de vue de Jean Dubuffet, de celui-là même qui a constitué ce fonds, pour le considérer dans son ensemble et non plus comme seule source d’images documentant son œuvre.

Anne Lacoste et Sophie Webel, co-commissaires de l’exposition, présentent les différentes pratiques de la photographie par Dubuffet, qui évoluent durant son parcours avec les perfectionnements du médium. Rien d’étonnant pour l’artiste qui déclare : « l’art doit naître du matériau et de l’outil ». A chaque période correspond un nouveau procédé technique qui va du négatif verre au Polaroid et à la diapositive en passant par les vues stéréoscopiques couleur (produites avec le Vérascope).

Chaque nouveau procédé technique génère une nouvelle pratique, une nouvelle application. L’outil au service de l’artiste pour la diffusion, la documentation et la création de ses œuvres.

Mercredi 14 mars à 18h30, Bijoux d’artistes

De Alexandre Calder à Jeff Koons, en passant par Max Ernst, Pablo Picasso, Niki de Saint Phalle, César, Takis ou encore Louise Bourgeois, nombreux sont les artistes modernes et contemporains à s’être intéressés aux bijoux. Diane Venet, collectionneuse de bijoux depuis plus de 30 ans, nous fait partager sa passion en nous racontant l’histoire de cette collection. Inspirée, éclairée, elle est le fruit de rencontres, de coups de coeur… Elle est aussi un témoignage des courants artistiques qui se multiplient entre les années 1950 et 1970... Avec Diane Venet et Karine Lacquemant.

Mercredi 14 février à 18h30, L’orgie des rouges

Conférence proposée dans le cadre de l’exposition « L’expérience de la Couleur » au musée national de céramique, Sèvres, du 12 octobre 2017 au 2 avril 2018. « L’expérience de la Couleur » aborde la question fondamentale de la perception des couleurs par les artistes sous un angle essentiellement sensoriel. Tous les objets en céramique y sont mis en relation et commentés par confrontations avec d’autres domaines de l’art – peinture, photographie, verre, textile, architecture et design, gastronomie et cosmétique… L’artiste-plasticien Hervé Quenolle a été invité dans ce contexte à concevoir une grande installation murale de « tableaux-écorchés », en regard avec les collections de céramiques rouges du musée. Frédéric Bodet, conservateur chargé des collections XXe siècle et contemporaines à la Cité de la Céramique de Sèvres, commissaire de l’exposition, assurera la présentation du projet et la modération de la conférence.

Mercredi 7 février à 18h30, L’historicisme au XIXe siècle : un portefeuille d’ornements [3/5]

« Odiot et Biennais, étude comparée de l’ornement antique », Audrey Gay-Mazuel, conservateur du patrimoine, Musée des Arts décoratifs, Département XIXe siècle et Anne Dion-Tenenbaum, conservateur général du patrimoine, Musée du Louvre, Département des Objets d’art ; « Le modèle antique dans les productions du bronzier Pierre-Maximilien Delafontaine (vers 1775-1860) », Mathilde Vauquelin, élève de l’École du Louvre ; « Les bronzes des meubles Jacob, un regard sur l’Antiquité », Jean-Pierre Samoyault, conservateur général honoraire du patrimoine.

Après avoir étudié la redécouverte et le goût pour la Renaissance puis le XVIIIe siècle, le séminaire organisé par Les Arts Décoratifs et le musée du Louvre aborde en 2017-2018 la place de l’Antiquité dans les arts décoratifs français du XIXe siècle. Il s’agit d’interroger le regard que porte le XIXe siècle sur celui qui l’a précédé et de définir une chronologie précise des mouvements de création, de réappropriation et de migration des formes, des motifs et des typologies qui irriguent tous les domaines des arts décoratifs. Structuré en cinq séances, ce séminaire confrontera des spécialistes du XIXe siècle et l’Antiquité afin de décomposer les mécanismes de formation de cet historicisme.

Mercredi 31 janvier à 18h30, Présentation de l’ouvrage "Versailles et la mode" de Laurence Benaïm

Jamais un lieu autre que Versailles n’aura inspiré autant de jeux de miroirs dont la mode est l’héroïne principale. À Versailles, la mode est devenue avant l’heure un instrument de communication. Qui dit Versailles dit étiquette, caprices, insouciances, boucles en confidents abattus, plumes, diamants, rubans, coiffures à physionomie. Toute la mode est dans Versailles et tout Versailles est dans la mode, avec ses rythmes effrénés, ses irrépressibles désirs de séduction. De Madame du Barry à Nicolas Ghesquière chez Louis Vuitton, de Marie Antoinette à Kirsten Dunst en passant par Dolores del Rio, Versailles aimante des envies et des fascinations. Son royaume absolu est celui du goût, d’une palette de sentiments et d’expressions que révèle Laurence Benaïm, auteur de "Versailles et la mode" (Flammarion).

Mardi 23 janvier à 18h30, Jean-Michel Frank et ses amis, une épopée dans la décoration des années 30

Le décorateur Jean-Michel Frank (1895-1941) est une figure mythique des arts décoratifs. Sa biographie fait de lui un personnage de roman noir. Son style qualifié de « luxe pauvre » est tout aussi paradoxal que sa vie, qui s’est déroulée dans une apparente futilité et un certain mystère, avec des amitiés fidèles pour ses collaborateurs Alberto Giacometti, Salvador Dali ou Emilio Terry, mais aussi pour ses clients, gens du monde ou intellectuels. Se confrontant aux grands débats artistiques de son temps, Frank a bâti un style minimaliste et défini un univers onirique où se mêle l’influence de ses amis surréalistes, faisant de son œuvre l’un des symboles esthétiques du Paris de l’entre-deux-guerres. Avec Pierre Martin-Vivier, auteur d’une thèse de doctorat sur Jean-Michel Frank.