Cette commode constitue un témoignage éloquent de la pratique qui fut celle des ébénistes d’employer des panneaux de laque chinois ou japonais pour orner la surface de leurs meubles. Ces panneaux, découpés sur des coffres ou des paravents qui parvenaient en Europe par l’intermédiaire du commerce des Compagnies des Indes Orientales, étaient mis en forme pour épouser les galbes du meuble et complétés par le recours de la technique du vernis Martin. L’emploi de cette technique est bien visible sur cette commode dont les petits côtés ont été entièrement traités au vernis Martin, ainsi que par les « les raccommodages » nécessaires à l’intégration d’un panneau de laque asiatique. La partie inférieure du tablier est également traitée en vernis Martin tout comme les pieds et les tertres rocheux du premier plan, prolongés sur la traverse inférieure pour donner l’illusion de la continuité de la composition. Au centre un cul-de-lampe en bronze doré vient habilement dissimuler la jonction entre laque et vernis Martin.