Voici comme l’Almanach des adresses de tous les commerçants de Paris pour l’année 1820 décrit l’atelier : « Marc Jacquart, joailler – bijoutier, manufacture d’orfèvrerie en tous genres. Cet établissement connu depuis longtemps par le bon choix de ses modèles, l’élégance, la pureté des formes et leur belle exécution, offre au commerce l’avantage d’y faire confectionner dans le plus bref délai toute espèce de commande ». Son atelier, situé d’abord au 1 rue du Petit-Pont puis au 123 rue Saint-Honoré à l’hôtel d’Aligre à partir de 1806 est de taille modeste : douze ouvriers, alors que les maisons Auguste ou Biennais en comptent soixante en 1807. Son œuvre est ainsi moins connu, mais quelques musées conservent des pièces très importantes comme un service à thé au Metropolitan de New York ou une fontaine à thé dans les collections de la reine d’Angleterre. Un drageoir est une petite boîte qui contient à l’origine des sucreries servies en fin de repas et elle est prétexte aux décors les plus variés. L’orfèvre puise ici son inspiration dans l’Antiquité, proposant des motifs décoratifs fortement influencés par le néo-classicisme. La coupe repose sur une frise ajourée de cercles entrelacés. Le décor de guirlande de fleurs stylisées se répète sur le couvercle et le plateau. La panse est relevée de cartouches à palmette et de deux têtes d’égyptienne. Le couvercle plat est surmonté d’un papillon aux ailes largement déployées.