Jacques Gabriel Bompart reste un orfèvre peu connu. Nous savons qu’il a fait insculper son poinçon à Paris en 1803 et qu’il est établi à Paris au n° 20 de la place Dauphine. Ses principales pièces sont des services à thé ou à café dont il s’est peut-être fait une spécialité. Ce sucrier emprunte sa forme au vase Médicis, il est formé d’une coupe en verre dans une monture en argent. Il repose sur un plateau carré rehaussé par quatre pieds boule. Il propose tout le vocabulaire ornemental à l’antique qui a profondément marqué l’Empire. Une frise de feuilles d’eau court le long du pied, des frises ajourées en rais-de-cœur ou en tresse garnissent le haut et le bas de la panse. Les montants sont composés de serpents entrelacés, et les attaches inférieures adoptent la forme de mascaron. Le couvercle est pourvu en son centre d’un papillon aux ailes à demi fermées. Mais les ornements les plus significatifs sont ceux en applique sur le verre. De chaque côté se trouve une jeune femme assise, drapée et coiffée à l’antique, jouant de la lyre ou du cistre.

Nous retrouvons des éléments ornementaux très proches tels que le papillon sur un vase couvert de Giroux (Montréal, musée des Beaux-Arts), et surtout les deux musiciennes sur un sucrier de Luchaire conservé dans nos collections. La circulation des motifs peut sans doute s’expliquer par la diffusion de recueils de dessins à l’usage des orfèvres.