Le MAD accueille l’Inp et l’École du Louvre pour des chantiers écoles remarquables

Du lundi 4 au vendredi 8 juin 2018, le département Arts graphiques et le département des jouets accueillaient deux imposants chantiers avec les élèves conservateurs, restaurateurs et régisseurs de l’Institut national du patrimoine et de l’École du Louvre et des stagiaires du MAD. 30 personnes ont ainsi été réparties entre le cabinet d’Arts graphiques et les réserves du MAD pour cette semaine intense de chantier des collections.

Chantier de conservation préventive au cabinet d’Arts graphiques

Au cabinet d’Arts graphiques, 10 élèves de Inp et de l’École du Louvre, conservateurs, restaurateurs, régisseurs, 4 stagiaires du département des collections et 2 stagiaires du cabinet d’arts graphiques ont opéré autour de trois ateliers traitant de fonds divers. Le premier atelier était consacré aux très grands formats, le second à un fonds de dessins de Marguerite Porracchia pour la maison Lanvin, tandis que le dernier atelier était réservé aux dessins et calques de l’architecte Emilio Terry.

Le fonds Marguerite Porracchia contenait de nombreuses études de robes et d’ensembles exécutées à la gouache. Le but de cet atelier était d’inventorier et de mettre en conservation les œuvres. Dans l’atelier Emilio Terry, il s’agissait de trier, classer par thème (plans, élévations, profils de porte, de cheminée, de fenêtre, de jardin)… et mettre en conservation les calques et dessins. Enfin dans l’atelier « très grands formats », il fallait dérouler ces grands formats peu, voire pas connus, leur donner un numéro provisoire et les décrire, les dépoussiérer et les mettre en conservation.

Dans chacun des ateliers, les élèves ont mis en place une chaîne opératoire : prélèvement, tri, classement, constat d’état, photographie, saisie dans la base de données, dépoussiérage, marquage et conditionnement. Ils ont été encadrés par l’équipe du département des Arts graphiques, Bénédicte Gady, Hélène Andrieux, Catherine Gouedo, la restauratrice du musée, Cécile Huguet et une restauratrice extérieure, Marion Cinqualbre.

Ce chantier a été l’occasion de redécouvrir des œuvres oubliées, notamment une gouache grand format de Jean Souverbie datant de 1937, préparatoire à la fresque représentant L’Art lyrique au Palais de Chaillot. Ces 10 élèves et 6 stagiaires ont pu traiter vingt grands formats, 270 calques et dessins de l’architecte Emilio Terry et 580 dessins de mode, apportant ainsi une aide précieuse au département.

Chantier de conditionnement de jouets en réserve

Au département des jouets ce sont 9 élèves conservateurs, restaurateurs, régisseurs, 4 stagiaires du département des collections et 1 stagiaire du département des jouets, qui ont été accueillis dans les réserves à Saint-Denis. Le chantier a été coordonné par Anne Monier et Florence Bertin et encadré par la restauratrice Thalia Bajon-Bouzid, Benoit Jenn et Catherine Didelot.

Pendant cette semaine, les élèves ont pu reconditionner 257 jouets dont 45 poupées européennes (Cosson, Lanvin), 48 poupées traditionnelles japonaises Kimekomi, 6 poupées traditionnelles japonaises en papier Washi-ningyo, 26 accessoires de poupées japonaises (paravents, offrandes, lampes…), 16 jouets japonais, 4 mini-figurines japonaises et 2 trousseaux complets de vêtements de poupées.

Le chantier s’est construit autour de quatre postes de travail : déballage et prise de vue, constat d’état, dépoussiérage et conditionnement. Chaque élève, a pu occuper les quatre ateliers, se confrontant ainsi à toutes les étapes d’un chantier des collections.

Tous les conditionnements ont été réalisés en concilliant un conditionnement optimal dans les espaces très restreints des réserves. Les poupées japonaises Kimekomi ont été conditionnées dans des boites, placées à la verticale, sur des supports en plastazote conçus sur mesure lors du chantier. Les poupées Washi-ningyo ont été conditionnées individuellement sur leur socle d’origine après un dépoussiérage minutieux.

Les poupées européennes, enveloppées dans du papier de soie, ont été conditionnées à l’horizontal et séparées par des plateaux confectionnés afin d’empêcher la superposition des objets. Certaines poupées hors formats ont dû être conditionnées dans des caisses fabriquées sur mesure. Les étudiants et les stagiaires ont également traités les trousseaux volumineux des poupées Eugénie et Bleuette.

En parallèle, les stagiaires du MAD ont rangé les poupées revenues de l’exposition « Barbie » en Corée et la collection de poupées-origami Anesama, replacées dans leurs boites d’origines avec un papier de soie protecteur. Les cerfs-volants et carpes en papier et tissus japonais ont aussi fait l’objet d’un reconditionnement.

Cette rencontre a permis de précieux échanges de savoirs entre les conservateurs, les régisseurs et les restaurateurs et la satisfaction d’avoir grandement contribué à ce vaste travail de mise en conservation des fonds jouets du musée.