Dès 1938, Carmel Snow célèbre les créations de Cristóbal Balenciaga : « La meilleure école est la nouvelle maison espagnole, Balenciaga. Le noir est si noir qu’il vous porte un coup. » Harper’s Bazaar accorde tous les honneurs au « plus élégant couturier du monde » (1950), au « couturier du moment et du futur » (1955) qui habille sa rédactrice en chef. Les photographies de Richard Avedon soulignent la dimension architecturale de ses créations auxquelles répondent des mises en page très franches d’Alexey Brodovitch. Le goût de l’épure caractérise les images d’Avedon prises en studio, jouant avec l’amplitude et l’abstraction des volumes au service de la silhouette et du visage.

Dès 1954, Hubert de Givenchy disciple du couturier espagnol, est considéré par Snow comme l’un des plus grands couturiers. Il habille Audrey Hepburn dans Funny Face en 1957 et c’est Avedon qui est chargé de réaliser, entre autres contributions au film, les arrêts sur image (freeze frame). La comédie raconte les débuts d’un jeune mannequin et s’inspire du fonctionnement d’Harper’s Bazaar. Audrey Hepburn résume le dynamisme de la silhouette de mode du moment : juvénile, élégante et presque prête à tout. Son portrait par Avedon parait en couverture. C’est la première fois que le magazine prend ainsi le visage d’une actrice.