C’est en la voyant danser lors d’une soirée à l’hôtel St. Regis à New York, que Carmel Snow repère Diana Vreeland et lui propose de devenir chroniqueuse pour Harper’s Bazaar en 1936. Sa rubrique « Why don’t you », publiée jusque dans les années 1940, lui donne la possibilité de laisser libre cours à sa fantaisie débridée. […]

Anonyme, Robe du soir de Madeleine Vionnet, automne-hiver 1936
© MAD, Paris

En prodiguant toutes sortes de conseils extravagants dans la veine surréaliste, Diana Vreeland devient un personnage hors-norme dans le monde de la mode par son originalité, son audace et son excentricité. […]

Officiellement créditée rédactrice de mode dans les pages du Bazaar en 1939, Diana Vreeland est selon Richard Avedon celle qui réinvente la profession, jusqu’alors entre les mains de dames de la bonne société, œuvrant pour un cercle de clientes très fermé.

Son exubérance, qui prend à contrepied la sobriété et la modération du duo Snow-Brodovitch, forme un précipité qui ne peut que faire des étincelles : « Elle adore son travail, déclare que pour elle la mode est essentielle – elle pense, vit et respire la mode. […] Le luxe, les mondanités, le paraître n’ont aucun secret pour elle et pour avoir peaufiné son style inimitable pendant des années, elle sait parfaire l’élégance d’un modèle avant une séance photo. Le vernis, les accessoires, les coiffures. Rien n’est laissé au hasard. En cela, elle prend la relève de Reginald Fellowes, surnommée « Daisy », qui tenait le bureau parisien du Harper’s Bazaar.

Elle incarne pour Snow « le nouveau monde de la jet-set internationale ». De fait, elle n’aura aucun mal à convier des femmes du monde, richissimes et réputées inaccessibles comme Jacqueline de Ribes, Gloria Vanderbilt, Marella Agnelli ou encore Barbara Paley, dite Babe, à poser devant l’objectif de Richard Avedon. […] « Triompher de la banalité », pour reprendre les mots de Truman Capote, voilà la contribution majeure de Diana Vreeland à Harper’s Bazaar.