Le photographe japonais Yasuhiro Wakabayashi, dit Hiro, débarque à New-York en 1954, où il devient assistant d’Avedon en 1957. Sous contrat avec Harper’s Bazaar entre 1958 et 1971, il expérimente de nombreux procédés avec une prédilection pour le grand angle, les rétroéclairages au sol, les multi-expositions et les effets de flash et de nimbe. Jacques-Henri Lartigue, présent sur un des shootings, en saisit le making of, montrant comment Hiro adopte des angles inattendus en plongée abrupte par exemple. Hiro affranchit ainsi la silhouette de sa représentation traditionnelle en pied. Sur les vues en raccourci, les imprimés se fondent en une seule surface ornementale abolissant les limites du corps. Cette vision coïncide avec l’inspiration orientale et florale de la tendance hippy chic, folk ou psychédélique, et annonce, aussi la déconstruction par les créateurs japonais. À la faveur de la photographie de créations de haute joaillerie, Hiro aborde aussi le corps en gros plan. Distorsion, vision rapprochée, éblouissements répondent alors à la translucidité et à l’éclat des gemmes colorées.