Album d’Androuet du Cerceau

Jacques Androuet du Cerceau, Le Temple de Janus, peu avant 1545
Plume et encre noire, lavis gris sur mise en place au compas et stylet sur vélin. H. 47,1 ; 32,5 cm. Inscr. à la plume et encre noire, b. c. : « Sur le plamp du palais antique de Janus ». Inv. CD 2698
© MAD, Paris

L’architecture classique a connu un renouveau d’intérêt à la Renaissance. On assiste alors à la naissance d’une passion pour les vestiges de l’architecture romaine dont l’observation est complétée par leur représentation dans des médailles et par l’analyse des fragments. Les dessins sur vélin exécutés par Jacques Androuet du Cerceau sont l’illustration éclatante de cette passion. Comme chez d’autres, on voit chez Androuet du Cerceau que l’élan de la reconstruction prime le relevé des restes de bâtiments. Disons d’emblée qu’une certaine invention domine l’approche archéologique. L’architecte ne prend pas seulement en compte les vestiges de l’architecture romaine dernièrement retrouvés à Rome et ailleurs en Italie, connus par les dessins qui circulaient, mais il ajoute ceux présents sur le sol français. Il est ainsi l’un des premiers artistes à avoir introduit parmi ses dessins et ses eaux-fortes des antiquités romaines de France. L’illustration en est donnée par l’album du Musée des Arts Décoratifs avec ses dix-huit dessins exécutés avec beaucoup de soin sur neuf feuilles de vélin, pliées au centre pour former des cahiers. […]

Le fonds Emilio Terry

Emilio Terry, Projet de chaise aux couleurs de l’arc-en-ciel, 1938
Don Emilio Terry y Sanchez, 1965
© MAD, Paris / photo : Christophe Dellière © Adagp, Paris, 2020

Les dessins d’Emilio Terry […] donnent une idée de la diversité du fonds conservé au Cabinet des dessins. Dans les carnets de croquis, l’artiste a repris d’une page à l’autre ses thèmes favoris : plans labyrinthiques de maisons, fabriques ou monuments, façades palladiennes, classiques, baroques et parfois même modernes, folies de jardins imaginaires. […]

Architecte, décorateur d’intérieur, designer (il réalise plusieurs meubles pour le décorateur Jean-Michel Frank) et même dessinateur de mode, Emilio Terry a aussi conçu des décors pour les pièces d’Henry Bernstein, les ballets d’Edward James, les photographies de Horst pour le magazine Vogue. Ami de Charles et Marie-Laure de Noailles, Gabrielle Chanel et Misia Sert, de Salvador Dalí, Christian Bérard, Jean Cocteau, René Crevel, Jean Hugo ou Balanchine, il était aussi à l’aise dans les milieux artistiques que dans cette société de mécènes mondains appelée « Café Society ». Éminemment cultivé (sa bibliothèque de traités d’architecture était une des plus complètes en mains privées), il était un admirateur de Claude-Nicolas Ledoux mais aussi des fantaisies rocailles d’un Lajoüe ou des folies du gothique troubadour.