Plafonds à décor arabesque

Mentionnée sous l’Antiquité par Vitruve, l’arabesque connut un succès durable du XVIe au XIXe siècle. Les décors romains exécutés sous la direction de Raphaël à la villa Madame et surtout aux loges du Vatican furent une source d’inspiration pour des générations d’artistes. Les nouvelles découvertes archéologiques du XVIIIe siècle, notamment à Pompéi, lui donnèrent un nouveau souffle, qui s’étendit du néoclassique à l’historicisme au XIXe siècle.

Alfred Normand (Paris, 1822 – Paris, 1909), Élévation de l’atrium de la maison pompéienne, 1862
Graphite, plume et encre noire, aquarelle et gouache sur papier vélin. Inv. 45383. Don Docteur Alfred Cayla, 1979
© MAD, Paris

Toutefois, une forme particulière se développa de la seconde moitié du XVIIe siècle à la première moitié du XVIIIe siècle, qui, se dégageant du souci archéologique, laissait la part belle à l’invention : elle s’organise en pilastres verticaux à l’intérieur d’un cadre, la composition s’allégeant en enroulements qui peuvent devenir grêles mais lient les différentes parties en dégageant une place sous forme de pavillon pour une scène, à un ou plusieurs personnages. […] Dans quatre dessins du musée, Audran peuple ses compositions de figures humaines et animales placées dans de légers enroulements grêles. Mais la grande originalité repose sur les fonds d’or sur lesquels celles-ci ressortent, en vogue à partir des chantiers de Meudon (1695-1711) et de la Ménagerie de Versailles (1698-1699), où Audran avait utilisé ce procédé, qui passa de mode à la fin des années 1710.