Organización de Solidaridad de los Pueblos de África, Asia y América Latina

L’Organisation de Solidarité des Peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine (OSPAAAL) est fondée en janvier 1966 lors de la Conférence Tricontinentale qui réunit à La Havane des organisations indépendantistes et révolutionnaires, non gouvernementales, exceptions faites de celles au pouvoir (URSS, Chine, Cuba…), de 82 pays principalement du tiers-monde pour « coordonner et intensifier la lutte des peuples d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine contre l’impérialisme, le colonialisme et le néo-colonialisme ayant à leur tête l’impérialisme américain ». Cette conférence est sans lendemain mais l’OSPAAAL subsiste, surtout comme organe de la politique extérieure de Cuba. L’OSPAAAL se dote, dès 1967, d’une tribune internationale permettant de relayer les actions révolutionnaires du tiers-monde, le magazine bimensuel Tricontinental. Édité à 50 000 exemplaires en quatre langues (espagnol, anglais, français et arabe), le magazine diffusé dans 60 pays est accompagné d’une affiche pliée et encartée.

Alfredo Rostgaard, Nixon
OSPAAAL, 1972. Offset
© Collection La contemporaine

Sous l’impulsion d’Alfredo Rostgaard, directeur artistique jusqu’en 1975, les graphistes élaborent des affiches qui mettent en scène les combats d’indépendance à travers des emblèmes folkloriques propres à chaque région, des portraits des leaders des mouvements révolutionnaires (Ho Chi Minh, Patricio Lumumba, Nelson Mandela, etc.), des drapeaux et d’autres symboles patriotiques des pays représentés. Ces affiches dénoncent aussi les discriminations raciales aux États-Unis. La révolution cubaine est également représentée à travers ses héros et en particulier la figure du Che, initiateur de la Tricontinentale, symbole de la volonté de fédérer les luttes tiers-mondistes, et dont la mort en 1967 coïncide avec les premières affiches de l’OSPAAAL.

Au début des années 1990, plus de 300 affiches ont été créées lorsque leur production diminue du fait de la crise économique consécutive à l’effondrement du bloc soviétique. Elle reprend progressivement vers 1995 abordant de nouveaux thèmes tels que le développement social mondial, le néolibéralisme ou l’embargo des États-Unis à Cuba.