Loin d’une présentation qui se bornerait à égrainer des souliers selon une austère et monotone chronologie ou aligner des chaussures « de mode » qui n’auraient d’autres particularités que d’être extraordinaires, l’exposition s’interroge sur le statut de la chaussure et sur les manières de marcher en Occident et dans les cultures extra européennes, de la fin du Moyen Âge à nos jours.

Quels étaient les souliers pour les premiers pas de l’enfant ? Les talons, les semelles plates, les plateformes, les bouts pointus ou carrés ont-ils eu une incidence sur la marche et la démarche ? Comment les femmes adeptes du culte du petit pied, tant en Europe dès le XVIIe siècle (Charles Perrault écrit Cendrillon en 1697) qu’en Chine depuis le Xe siècle, ont-elles pu concilier idéal de beauté et mobilité ? L’apparition de la notion de chaussures « de marche » à la fin du XIXe siècle est-elle liée aux grands aménagements urbains faisant de la rue un espace accessible aux piétons ? Quels sont les détails techniques qui, au fil des siècles, ont apporté plus de confort aux souliers ? D’autres domaines singuliers de la chaussure et de la marche sont aussi abordés : le sport (de 1890 à nos jours), la danse, la marche militaire, sans négliger les chaussures magiques (des talonnières d’Hermès aux bottes de Sept lieues).

Enfin, nous présenterons une sélection de souliers de l’époque contemporaine avec lesquels il est difficile, voire impossible, de marcher. Quelles sont les motivations des créateurs qui réalisent délibérément des souliers ne permettant que l’immobilité ?