Carton d’invitation de chasse chez Moïse de Camondo, à Aumont, s.d.
L’itinéraire est imprimé au verso. inv. AMNC, L.AU.C
© MAD, Paris / Jean Tholance

À partir de 1896, Moïse de Camondo loue une maison à Villemétrie à côté des Kulp, puis il décide de se fixer durablement dans la région. C’est chose faite en 1904 lorsqu’il acquiert une belle demeure construite au XIXe siècle sur les ruines du château seigneurial d’Aumont, près de Senlis. Il y séjourne fréquemment avec ses enfants, dont il a la garde depuis son divorce en 1902. Famille et amis sont accueillis dans une ambiance chaleureuse et confortable, chevaux et chiens agrémentent les loisirs et dès que l’automne arrive, la saison de chasse commence…

De septembre à la fin du printemps, outre la chasse à courre, la chasse à tir rythme aussi le calendrier des loisirs cynégétiques de Moïse, Nissim et Béatrice de Camondo. Presque chaque fin de semaine, une dizaine d’amis proches sont conviés à Aumont pour chasser dans les bois environnants que Moïse achète petit à petit. À partir de 1912, il loue à son voisin le baron Robert de Rothschild un territoire de plus de mille hectares qui s’étend sur les communes de Creil, Apremont, Aumont, Verneuil et Fleurines1.

Carte du domaine de chasse du comte Moïse de Camondo
AMNC, L.AU.C6
© MAD, Paris / Jean Tholance

Des gardes élèvent du gibier et traquent les braconniers avec conviction. Sur un épais cahier, Paul Bonnal, le garde-chef, consigne avec force détails ses tournées de surveillance dans ce vaste territoire, le nombre de collets saisis, les interpellations, les explications orageuses et les procès-verbaux qu’il dresse. Le jugement qui s’ensuit est rapporté par la presse locale. Tel un trophée, chacun de ces articles est découpé et soigneusement collé à la fin de ses rapports2. Ces soins constants et cette surveillance assidue portent leurs fruits : les invités repartent conquis, affirmant pour certains qu’il s’agit bien là de la plus belle chasse de France3 !

1Archives du musée Nissim de Camondo (notées par la suite AMNC), L.AU.C6.

2AMNC, L.AU.C8.1.

3AMNC, P.M.5, correspondance de Moïse de Camondo, 10 novembre 1924.