L’ameublement historiciste

L’ameublement historiciste

Si vous souhaitez utiliser ce visuel, veuillez contacter la photothèque

JPEG - 350.4 ko
Cabinet d’Alexandre du Sommerard
Louis-Vincent Fouquet, France, 1836, huile sur toile
Paris, Musée des Arts décoratifs, Inv. 15814

Si les meubles et les objets ici présentés ne sont pas ceux du baron Hope, ils restituent néanmoins avec fidélité l’atmosphère des intérieurs de l’époque. Un vif intérêt pour le Moyen Âge et la Renaissance se manifeste dans les intérieurs français des années 1830. Le cabinet de travail d’Alexandre du Sommerard, dont la collection est à l’origine du musée de Cluny, témoigne de ce goût pour le mélange des objets de toutes les époques. Sur la commode d’Alexandre-Louis Bellangé se mêlent ainsi des grès allemands de la fin du XVIe siècle et des pièces des années 1830, tels la bouteille et la cruche de Jules-Claude Ziegler ou le vase flamand de Claude-Aimé Chenavard. Les candélabres ou les bronzes d’Antoine-Louis Barye s’inspirent des bronzes florentins de la Renaissance.

Contrairement à la Restauration qui privilégiait les bois clairs, un nouveau goût pour les bois sombres comme l’acajou, l’ébène et le poirier noirci, se manifeste dans les années 1830. Par ses entrelacs et sa polychromie, le tapis de Chenavard est un hommage à l’art de la Renaissance. De même, le lit de l’alcôve dessiné par l’ornemaniste Michel Liénard est orné sur la traverse d’une nymphe dans le style de Jean Goujon, grand sculpteur du XVIe siècle. Mais la référence au passé n’enferme nullement les artistes dans une attitude réactionnaire. Ce lit est ainsi un exemple de l’industrie naissante : réalisé en fonte, il était commandé sur catalogue et livré en pièces détachées.