M/M (Paris). D’un M/Musée à l’autre

du 13 octobre 2020 au 10 janvier 2021

Le Musée des Arts Décoratifs et le Musée d’Orsay sont heureux de s’associer en invitant M/M (Paris), le duo d’artistes et designers fondé en 1992 par Michael Amzalag et Mathias Augustyniak, à investir leurs galeries permanentes à travers une « double exposition » intitulée « D’un M/Musée à l’autre ».

Dépassant depuis plus de 25 ans les frontières traditionnelles des disciplines de la création et en écho à la publication du Volume II de M to M of M/M (Paris), leur monographie publiée aux éditions Thames & Hudson, ils proposent, à l’aide d’un dispositif modulaire original, un parcours de part et d’autre de la Seine dans les collections permanentes des deux musées, explorant leurs pratiques à travers le contenu de ce nouvel ouvrage.

M/M (Paris) ont toujours cherché à définir par leur pratique la relation que les termes art et décoratif peuvent entretenir.

Depuis 1992, Michaël Amzalag et Mathias Augustyniak ont collaboré, autant en France qu’à l’étranger, avec des créateurs de mode, des parfumeurs, des scientifiques, des musiciens, des chanteurs, des photographes, des journalistes, des écrivains, des artistes, des architectes, des écoles d’art, des metteurs en scènes, des acteurs… – et même un chef cuisinier.

À chacune de ces rencontres sont associés des signes, des images, des affiches, des livres, des décors, des mises-en- scènes, du mobilier, des accessoires, des luminaires, des typographies, des clips ou des courts métrages. Ces créations hétéroclites dans leur natures et disparates dans leurs formats s’envisagent pourtant comme un tout : M/M (Paris) construit depuis bientôt 30 ans un monde imaginaire toujours en expansion, scintillant juste à côté de la réalité.

À l’invitation d’exposer au Musée des Arts Décoratifs, M/M ont d’abord répondu en imaginant leur “M/Monde” tout entier s’installer dans les galeries du musée pour le transformer en leur “M/Musée des Arts Décoratifs”. Le contexte que nous traversons les aura poussés à procéder à une mise à l’échelle stimulante et stratégique, en déplaçant l’exposition de l’espace du Musée à celui d’un livre, le Volume II de leur monographie, M to M of M/M (Paris).

Jouant de l’élasticité immatérielle des indices, signes et symboles qui oscillent entre l’infiniment grand et l’infiniment petit, leur « M/Musée des Arts Décoratifs » se déploie dans des espaces réduits tout en gardant son espace imaginaire intact. En s’insérant cotés Rivoli et Tuileries, à deux endroits névralgiques du musée, M/M (Paris) invitent les visiteurs à explorer leur œuvre à l’échelle de sa reproduction. Ils articulent ainsi une relation entre l’espace fini du livre et l’espace infini de leur « M/Musée » – invoquant directement l’intuition qu’André Malraux théorisait dans son essai de 1947, Le Musée imaginaire.

Dans les alcôves des Galeries contemporaines, via une installation pensée autant comme un collage en trois dimensions que comme un temps de jeu, des pages de la monographie s’accrochent sur leur Borderline, réseau de modules tridimensionnels linéaires et colorés.

À l’opposé, dans le Cabinet des Fables, c’est leur espace de travail qui est évoqué sous les dorures des boiseries d’un boudoir parisien des années 1750. Une reproduction réduite de l’Infinitable, qu’on retrouve au centre de leur atelier, y est entourée des M/Matching Colorstools, leurs tabourets graphiques et personnalisables, sous le regard de l’Agent. Personnage lumineux, quasi-primitif, rudimentaire et mutique qui apparaît de manière récurrente dans la production de M/M, il est à la fois un leurre d’eux-mêmes et une représentation du spectateur.

Par la lucarne du Cabinet des Fables, on aperçoit le Musée d’Orsay, où l’intervention de M/M se poursuit dans les salles consacrées aux Arts décoratifs. C’est l’infini de leur musée imaginaire qui s’étend d’un M/Musée à l’autre.