17 silhouettes de création haute couture essentiellement griffées Pierre Balmain

Madame Christine de Plas a fait don 17 silhouettes des créations couture essentiellement griffées Pierre Balmain, dont la robe du soir « Récital » provenant de la garde-robe de sa mère née Monique Saint (1916-2007), duchesse Caracciolo di San Vito par son mariage avec Don Roberto en 1959. Amie et cliente de Pierre Balmain, elle a réuni un ensemble de créations des années 1960-1970 dont certaines sont parues dans la presse et présentent une valeur iconique certaine. Elles permettent d’illustrer avantageusement la créativité du couturier français dont le musée conserve environ 80 silhouettes griffées en plus des accessoires, patrons et échantillons de broderies.

Cabinet « Good Vibrations »

Le cabinet « Good Vibrations » est ainsi intégralement sculpté, ciselé et gravé grâce à des procédés numériques et puise ses origines dans la plus stricte tradition d’ébénisterie. À la croisée des techniques traditionnelles et d’avant-garde, il joue d’effets d’optique et de perception, de flou et d’instabilité. Ferruccio Laviani interroge dans cette pièce, avec humour, l’histoire même du mobilier, sa place aujourd’hui dans notre société, son usage, son image.

Maquette du Mystère / Falcon 20

Appelé Mystère 20, ce premier avion d’affaires français, biréacteur accueillant une douzaine de passagers, est rebaptisé Falcon 20 pour sa commercialisation à succès aux États-Unis. Michel Buffet aménage l’habitacle avec un sofa et six sièges, en tenant compte des contraintes liées à l’aviation : une recherche d’insonorisation et de poids limité. Une palette de coloris différents selon le commanditaire ornera les textiles des sièges, des rideaux et de la moquette.

Sculpture « Ellipse 10/2019 »

L’œuvre de cet artiste danois représente un versant de la céramique scandinave : des formes nettes, très construites et techniquement savantes, modernistes par leurs volumes simples et basiques.

Collier « Reine de Sabah »

Fascinée par le travail de son père, fondeur, Line Vautrin acquiert dès l’enfance une certaine familiarité avec le modelage, la ciselure et la dorure. Après un bref passage chez la couturière Schiaparelli, à vingt et un ans elle met au point ses premières pièces. Elle aime expérimenter de nouvelles matières comme la résine et dépose un brevet sous le nom de « Talosel » qu’elle incruste de miroirs colorés.

Sculpture-objet {Trait d’union}

Cette pièce fait appel à un travail de surface du verre original et très tactile réalisé par arrachement de matière mécanique ainsi que des percements reliés par des lacets de cuir formant des canaux au travers des pièces, ici associé à un trait d’union comme nous le suggère le titre. Cette association du verre et du cuir ainsi que les effets de surfaces subtils forment le cœur du travail de Gérald Vatrin depuis plusieurs années.

Gilet droit brodé en pièce avec illustration de la fable de Jean de La Fontaine « L’Ours et les deux compagnons », fin du XVIIIe siècle

Gilet droit brodé en pièce avec illustration de la fable de Jean de La Fontaine « L’Ours et les deux compagnons », fin du XVIIIe siècle
Achat grâce aux Amis des Arts Décoratifs
Inv. 2020.10.1
© Les Arts Décoratifs / photo : Christophe Dellière

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Gilet droit brodé en pièce : vue générale
© Les Arts Décoratifs / photo : Christophe Dellière

Le 21 septembre 2020, le Musée des Arts Décoratifs a préempté lors de la vente « Textiles à Lyon », organisée par l’étude De Baecque, un gilet brodé en pièce, au dessin « à disposition », daté de la fin du XVIIIe siècle. Il s’agit d’un morceau d’étoffe de satin de soie crème, mesurant 71 cm de haut et 55 cm de large, sur lequel les décors brodés au passé plat servant à monter un devant de gilet (boutonnières, angles inférieurs, pattes de poches, revers du col, et couverture pour seize boutons) sont disposés côte à côte, de façon à économiser le tissu. Sur le côté droit, un morceau de papier dominoté, présentant cinq cœurs rouges sur une face et une inscription sur l’autre – « 2818 / Gilet Sat[in] / Blanc B. / Soye uni / 518 » – est appendu à une courte ficelle fixée là sans nul doute depuis les origines par un tisserand, un brodeur ou un mercier. Le client achetait un modèle en fonction de son goût et de sa taille approximative, et le remettait à un tailleur qui découpait les différentes pièces en les adaptant aux mesures du client, les assemblait sur un dos, souvent de lin.

  • Étiquette attachée au gilet : avers
    © Les Arts Décoratifs / photo : Christophe Dellière
  • Étiquette attachée au gilet : revers
    © Les Arts Décoratifs / photo : Christophe Dellière

Sans nul doute français, et probablement exécuté à Lyon qui s’était spécialisé dans la fabrication de ce type de pièces, le gilet par quelques indices formels – il est court, coupé droit à la taille, avec de petits revers de col – peut être daté autour de 1785. Le riche décor brodé de fils de soie polychrome, constitué de fleurs, de fruits et de plumes sur un satin de soie crème, corrobore cette datation. En effet, c’est principalement entre 1785 et 1788 que les magazines de modes se font l’écho de ces gilets « à figures », devenus de vrais « tableaux », couverts d’étonnants décors. Le « tableau » de notre gilet montre un gros animal au pelage brun, penché sur un homme gisant au sol. Dans le catalogue de la vente, il est associé au « thème des bêtes féroces tueuses d’homme, probablement la Bête du Gévaudan ». L’hypothèse est pertinente, tant des gravures du dernier tiers du XVIIIe siècle montrent cet animal courbé sur sa victime. Toutefois, sur le gilet, à la différence des gravures de la bête sanguinaire, l’animal incliné paraît paisible et l’homme à terre ne présente ni blessure, ni sang.

Cette observation nous a incité à explorer d’autres pistes et à identifier la scène comme une illustration de la fable de Jean de La Fontaine L’Ours et les deux compagnons, et plus précisément à reconnaître son inspiration dans la gravure à l’eau-forte de Pierre-Étienne Moitte, d’après un dessin de Jean-Baptiste Oudry. Primitivement réalisés en 1729 et 1734 pour des cartons de tapisserie, les dessins d’Oudry ont été gravés pour la célèbre édition en quatre volume des Fables choisies, publiée en 1755-1759 à Paris chez Desaint & Saillant et Durand. Considéré comme un des chefs-d’œuvre du livre illustré au XVIIIe siècle, l’ouvrage a sans nul doute servi de modèle pour l’exécution de la scène brodée.

  • Illustration de la fable de Jean de La Fontaine L’Ours et les deux compagnons, d’après un dessin de Jean-Baptiste Oudry
    Gravure à l’eau-forte de Pierre-Étienne Moitte, publiée dans l’édition des Fables choisies, Paris, chez Desaint & Saillant, 1755-1759
    © Les Arts Décoratifs / photo : Christophe Dellière
  • Gilet droit brodé en pièce : détail représentant l’ours et un compagnon
    © Les Arts Décoratifs / photo : Christophe Dellière

La fable raconte les aventures de deux hommes qui firent marché avec un fourreur de la peau d’un ours bien vivant. Partis à la recherche de l’animal, les deux compères eurent peur face à la bête : l’un grimpa à un arbre, l’autre se coucha et se fit passer pour mort. L’ours s’approcha, flaira de près le marchand étendu et partit. Peu après, l’autre homme descendit de sa cachette, courut vers son compagnon et demanda ce que l’animal lui avait dit à l’oreille. Il lui dit « qu’il ne faut jamais vendre la peau de l’ours qu’on ne l’ait mis par terre ». Sur le gilet, la scène brodée de l’homme couvert par l’ours est rigoureusement fidèle à gravure de Moitte ; en revanche, sans soute par souci de simplification, le compère perché a été évincé du décor. Ce gilet est à rapprocher d’un autre – celui-ci monté – illustrant Le Loup et la Cigogne, conservé au Metropolitan Museum de New York. La broderie a elle aussi été faite d’après une gravure publiée dans les Fables choisies.

Gilet droit brodé en pièce : détail des broderies
© Les Arts Décoratifs / photo : Christophe Dellière

Les gilets à « tableaux » ne déclinaient pas seulement les Fables de La Fontaine, loin s’en faut. En 1786, dans sa description des gilets en vogue, un chroniqueur du Cabinet des modes dresse une liste cocasse de décors faits d’« animaux quadrupèdes, volatiles et reptiles [...], de larges et hautes plantes marines, des branches d’arbre, des gerbes de bled [...] ; des cascades, des pyramides [...], des hameaux, des fermes et des campagnes, où sont des laboureurs qui cultivent ». Malgré leur prix élevé – « c’était extravagant de cherté », dit la baronne d’Oberkirch dans ses Mémoires sur la cour de Louis XVI –, ces gilets ont connu un grand succès : « Il fut du bel air absolument d’avoir des gilets à la douzaine, à la centaine même », confie notre témoin.

Denis Bruna

Ensemble de 24 affiches par Agniolo Giuseppe Fronzoni dit FronzoniAG

La démarche du graphiste italien se traduit par un minimalisme extrême, mais toujours pour mieux servir l’humain. Ce minimalisme qui se traduit par une utilisation quasi exclusive de la bichromie noir et blanc, est l’aboutissement d’une conception raisonnée qui élimine le superflu pour rendre l’objet utile et démocratique. Elle puise ses sources dans le constructivisme et le suprématisme russe, mais aussi dans l’enseignement du Bauhaus, de l’école de Design d’Ulm et du graphisme suisse.

Ensemble de 153 dessins par Laurent de Commines, 2 coupons et 7 papiers peints et 9 tissus d’après ses dessins ainsi que 97 documents d’archives

Les œuvres couvrent l’ensemble de la carrière de l’artiste et se rapportent à des collaborations avec des maisons de décoration éditant des tissus, papiers peints, tapis, porcelaines… : Maison Pierre Frey, Gérard Danton, Manufacture d’impressions sur étoffes, Deschmaker, Maison Boussac, Casa Lopez, Mobilier National, Zuber, Haviland. Sa passion pour l’art ancien est manifeste dans les dessins de fantaisies et caprices conçus comme des hommages à des styles et des époques, qu’il expose dans des galeries d’art et des librairies.

Robe du soir en lamé or Haute couture anonyme (attribuée à Madeleine Vionnet)

L’important fonds photographique conservé au Musée des Arts Dcoratifs réunissant les clichés de dépôts de modèles de Madeleine Vionnet permet d’affirmer que la robe acquise en vente publique à Moulins lors de la dispersion de la collection Gilles Labrosse le 22 septembre à Moulins, est similaire au modèle 4597 de la collection hiver 1938-1939 de Vionnet. Il est désigné « robe du soir en lamé argent ». Confié à l’atelier « Yvonne », ce modèle a connu un succès commercial totalisant 51 commandes entre aout 1938 et janvier suivant.

Trois silhouettes du couturier belge Dries Van Notten, imaginées avec Christian Lacroix, collection printemps-été 2020 (prêt-à-porter)

C’est à l’opéra Bastille le mercredi 25 septembre 2019 que défilaient, sur le Trio n°1 de Schubert joué sur un piano à queue, hommage au film d’époque de Stanley Kubrick « Barry Lindon » dont est inspirée la collection, les trois silhouettes.

Ensemble de 6 affiches, « Stratigraphie » par Helmo

En 2018, Helmo inaugure avec l’exposition « Stratigrafia », à la galerie Fflag à Turin, un nouvel épisode du projet Stratigraphie initié en 2012.

Ensemble de 8 affiches typographiques par Pierre di Scullio pour le théâtre de la Colline

Depuis 2017, Pierre di Sciullo collabore dans une grande liberté de création et de dialogue avec Wadji Mouawad, dramaturge, metteur en scène et directeur du Théâtre de la Colline à Paris 20e dont il dessine l’identité visuelle qu’il déploie sur les affiches de saisons et de spectacles. Sa réponse graphique fait écho à ce qu’est le théâtre : des textes dits ; ainsi, les affiches ne sont que typographiques, le travail graphique étant basé sur les mots. Ses recherches sont essentiellement centrées sur la façon de retranscrire dans le dessin des lettres la manière dont les mots sont prononcés plus qu’ils ne sont écrits. Le théâtre de la Colline ayant pour mission de présenter uniquement des textes de dramaturges vivants, c’est réellement un théâtre en train de se faire, d’où le choix de lettres peintes à la main. La saison du théâtre de la Colline se calque sur les saisons climatiques et non scolaires, d’où l’utilisation de couleurs différentes faisant écho aux tonalités de la saison en cours.

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