Georges Hœntschel (1855-1915), Salon du bois, Paris, 1900

Georges Hœntschel (1855-1915), Salon du bois, Paris, 1900

Platane d’Algérie, verre, laiton ; tenture en soie dessinée par Adrien Karbowsky (1855-1945) et réalisée par la maison Le Borgne ; peinture « L’Île heureuse » d’Albert Besnard (1849-1934)
H. 7,12 ; L. 14,3 ; l. 6 m
Achat, 1900
Inv. 9403 A-G
© Les Arts Décoratifs / photo : Philippe Chancel

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En 1891, il fut décidé d’installer le Musée des Arts Décoratifs dans le pavillon de Marsan du palais du Louvre. L’ouverture du musée – qui devait coïncider avec l’Exposition universelle de 1900 – ayant été retardée, on confia au décorateur et collectionneur Georges Hœntschel la décoration du pavillon de l’Union centrale des arts décoratifs à l’Exposition universelle, sur le thème d’un cabinet d’amateur. Georges Hœntschel était alors surtout connu pour ses aménagements intérieurs, de style XVIIIe siècle, commandés par de riches clients français, anglais ou américains. En France, on lui doit, entre autres, le décor du pavillon des Muses à Neuilly pour le poète Robert de Montesquiou en 1899, et l’hôtel particulier du couturier Jacques Doucet en 1907. Le pavillon de l’Ucad à l’Exposition universelle de 1900 présentait l’aspect d’une folie du XVIIIe siècle, mais le décor sculpté des façades s’inspirait du monde végétal retranscrit dans un registre naturaliste et moderne. La disposition intérieure du bâtiment comprenait quatre salles en enfilade : la " salle des Métaux " qui servait de vestibule, la salle centrale appelée " salon du Bois ", la " salle de la Céramique " réservée aux œuvres de Georges Hœntschel et enfin un petit salon pour le Comité des dames. Seule la salle centrale était ornée de boiseries en platane d’Algérie, constituées de deux portiques ajourés ouvrant sur les deux autres salles et, aux quatre angles, de vitrines tripartites destinées à exposer les objets acquis par l’Ucad auprès des artistes au cours des vingt dernières années. L’ensemble était complété d’une tenture à fond rose, dessinée par Adrien Karbowsky, et de plusieurs éléments de mobilier : une table, quatre fauteuils et des vitrines, achetés dès 1900 par le musée. Sculptés par Deschamps, de robustes pieds d’aubépine constituent les bases des vitrines et du mobilier ; les boiseries encadrent la tenture brodée d’aubépines et la peinture commandée au peintre Albert Besnard, L’Île heureuse, inspirée de L’Embarquement pour Cythère de Watteau. Cet ensemble – remonté par Hœntschel dans le pavillon français de l’Exposition internationale universelle de Saint-Louis, en 1904 – fut installé en 1905, après quelques modifications, au pavillon de Marsan où le public peut encore le voir. Le décorateur a adapté le plan carré initial à la forme rectangulaire de la salle et transformé trois vitrines d’angle en vitrines murales. Il a dû ajouter deux vitrines plus petites, une vitrine d’angle ayant entre-temps été cédée au Museum für Kunst und Gewerbe de Hambourg. Cet ensemble, rare survivant de la décoration conçue pour l’Exposition de 1900, est un des fleurons du Musée des Arts Décoratifs et témoigne d’une brillante incursion de Georges Hœntschel dans l’Art nouveau.

É. P.

Évelyne Possémé, « Le Salon du Bois du pavillon de l’Union centrale des arts décoratifs à l’Exposition universelle de 1900 », Revue de l’art, n°117, 1997-3, p. 64-70
Nicole Hœntschel, Georges Hœntschel, Paris, Éditions Monelle Hayot, 1999.

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