C’est dans les années 1920 que Pierre Dariel ouvre son magasin « Pierre Dariel. Jardins de France », au 47 rue de Penthièvre à Paris. Élève de l’École nationale des arts décoratifs, il s’initie à la menuiserie et s’intéresse rapidement au mobilier et aux petites constructions de jardin. Dans le catalogue de la firme édité en 1926, il écrit « L’art du jardin tend actuellement à reprendre la place qu’il occupait autrefois. De jour en jour, il s’affirme et cesse de faire figure de parent pauvre de la décoration. L’esprit moderne lui donnant une nouvelle impulsion... » C’est dans ce même catalogue qu’apparaît le fauteuil « Biarritz », « simple et confortable. Peinture laquée blanche, jaune ou verte. » Sous la peinture blanche de notre exemplaire, apparaît la couleur d’origine, un joli vert d’eau. Ce type de fauteuil, inspiré des fauteuils Adirondacks créés vers 1900 sur la côte du Connecticut, au-dessus de New-York, eut beaucoup de succès en Europe dans les années 1920-1930. Plusieurs versions apparaissent alors, attribuées à plusieurs artistes dont Le Corbusier, l’architecte italien Gino Levi-Montalcini ou même Ettore Bugatti, le constructeur automobile. Les exemplaires qui sortent des ateliers de Pierre Dariel dès 1925 portent une plaque métallique avec les nom et adresse de celui-ci. Quelques-uns de ses modèles phares ont fait l’objet d’un dépôt de modèles mais ce ne fut pas le cas du fauteuil Biarritz clairement inspiré du fauteuil de charpentier américain. Le legs Hugot a permis que ce modèle iconique qui a fait l’objet d’une réédition à la fin des années 1980, entre dans les collections nationales françaises.