Le don d’un ensemble de bijoux datant du XIXe siècle consenti par Jean-Pierre Hugot en 1969 semble constituer un ensemble assez disparate de la production française. Quelques bijoux en or présentent des pierres précieuses dont une rivière de diamants, taille brillant ancien, montés à jour, type de bijou indispensable pour les soirées mondaines, à une époque où la découverte des mines de diamants en Afrique du Sud rend la pierre précieuse plus accessible. D’autres bijoux présentent un décor d’émail bleu translucide sur fond guilloché, technique mise au point dès la période Restauration et qui aura les faveurs de la bourgeoisie jusqu’à la fin du XIXe siècle : une montre, une bague ornée d’une fleur en diamants, une broche dont le fond d’émail est incrusté de diamants et de trois dents de lait, bijou maternel par excellence. Les camées montés en or, les bijoux en corail et les bracelets en pierre de lave, souvenirs classiques d’un voyage en Italie et à Naples, constituent le fonds d’écrin des femmes de l’époque. Plus surprenantes, deux parures, l’une ornée d’améthystes et de topazes, l’autre de pierres de lune montées à jour sur un collier en argent et deux broches insectes, semblent des créations étrangères, peut-être anglaises. Ces quelques bijoux, par leur disparité de formes, de matières et de préciosités, nous donnent à voir le prototype du coffret à bijoux d’une femme appartenant à la bourgeoisie française de la fin du XIXe siècle.