Dans la seconde moitié du XXe siècle, les montages des dessins entre deux cartons blancs ou de couleur ivoire, avec une ouverture en fenêtre à la dimension des dessins, se sont généralisés dans toutes les collections de musées. Ils répondent à des impératifs de présentation et de consultation des œuvres, ainsi qu’à une rationalisation des formats destinée à simplifier les classements, les rangements et les expositions. Ils permettent aussi une sécurisation des œuvres, en particulier dans le cas de petits et de très petits dessins.

La systématisation de ce mode de montage, ainsi que l’esthétique nette et propre qu’elle apporte, commencent doucement à être remises en question pour des raisons de conservation ; certains musées à l’étranger ont ainsi modifié ce mode de rangement de façon à limiter le contact des œuvres avec l’oxygène. La confrontation avec un montage blanc ou ivoire, par ailleurs, fait parfois paraître plus jaune et plus dégradé les dessins qu’ils ne le sont en réalité. Les cartons blancs, par ailleurs, ressortent nettement à une faible intensité lumineuse comme celle préconisée pour l’exposition des dessins, car ils ont souvent un pouvoir réfléchissant plus fort que les dessins eux-mêmes.

Dans le contexte de l’exposition Le dessin sans réserve, ces réflexions sur les montages ont pris un sens particulier. Pour des raisons d’histoire et de goût, la présentation des dessins dans des cadres anciens a été privilégiée. Dès lors, la question du montage devenait une question à la fois esthétique et économique.

N’étant pas standards, les cadres anciens requièrent un montage sur mesure. Après l’exposition, ce montage ne peut pas être gardé car il n’est pas au format des boîtes de conservation. Les équipes ont ainsi recherché une solution qui soit à la fois plus séduisante et plus économique.

Des fonds de papier ont été colorés avec des couleurs acryliques. Un brun rouge, des bleus et un vert ont été sélectionnés pour créer une gamme de couleurs. Faits à la main, les fonds accrochent la lumière d’une manière subtile au lieu de la réfléchir fortement. Par leurs multiples nuances de teintes, ils s’adaptent aux qualités chromatiques des dessins et les mettent en valeur.

  • Le dessin d’Amico Aspertini a été encadré dans un cadre ancien et mis sur un fond coloré (Inv. 3961).
  • Un fond de couleur bleue a été choisi pour ce dessin d’Alexandre Sandier, qui met en valeur sa luminosité (Inv. PR 2011.7.182).
  • Le Centaure d’Auguste Rodin une fois encadré (Inv.15360.B).