Le papier est à la fois résistant et fragile. Pensez aux papiers qui nous sont parvenus et dont les premiers exemples datent d’avant notre ère : ils ont survécu de manière étonnante. Et pourtant, il est aisé de déchirer ou de froisser un papier si on le manipule sans attention.

Les restaurateurs interviennent sur les déchirures pour les stopper et pour que les dessins puissent à nouveau être manipulés. C’est un travail de précision. Une fine bande d’un papier japonais réputé pour ses longues fibres résistantes, sa légèreté et sa souplesse, est collée sur le dessin avec une colle réversible à l’eau. Le sens des fibres des papiers est adapté aux consolidations et au résultat souhaité, à savoir minimiser les tensions ou consolider le papier d’œuvre fragilisé par les déchirures. Ainsi, une attention particulière est donnée à des papiers d’œuvre particulièrement réactifs ou spécialement endommagés.

  • Ce grand dessin de Nicolas Pineau, que l’on voyait plié en quatre dans le paragraphe sur le décollage, fait ici l’objet d’une consolidation des déchirures. Les bandes de papier japonais collées pour stopper les déchirures sèchent sous un léger poids au contact de buvards pour absorber le surplus d’humidité (Inv. 8545.1).
  • Recherche d’une teinte pour colorer un papier devant servir à combler une lacune dans un dessin d’Amico Aspertini (Inv. 3961).

Sur un papier calque, l’objectif est de consolider par le dos de façon à ce que cela ne soit pas visible par la face. C’est tout l’enjeu d’un papier transparent !

Consolidation d’une déchirure sur papier calque. La bande de papier japonais est visible car elle n’a pas encore été recoupée et dépasse sur le bord.