Licencié de l’Université d’histoire de l’art de La Havane, Ñiko aborde le design graphique en autodidacte. Sa première expérience dans ce domaine date de 1957, au sein d’une agence de publicité pour laquelle il dessine, pendant deux ans, des illustrations d’annonces commerciales. Dès la première année de la révolution, en 1959, il est engagé par le gouvernement au sein de la COR pour réaliser des affiches politiques qui mettent en avant les grands événements de la révolution ou ses figures héroïques. En 1968, il commence à concevoir en tant qu’indépendant des affiches pour l’ICAIC. Ce n’est qu’au début des années 1970 qu’il quitte définitivement la COR pour intégrer l’équipe de graphistes de l’ICAIC.

Antonio Pérez González, dit Ñiko, El Caso Mattei
Dirección : Francesco Rossi. ICAIC, 1974. Sérigraphie
© MAD, Paris

S’il utilise uniquement l’illustration, ses références sont aussi multiples que son style : pop art, minimalisme, collages dans l’esprit surréaliste faits à partir de gravures anciennes, bande dessinée... Cet éclectisme se rejoint dans l’humour et la poésie qui traversent l’ensemble de ses affiches.

En 1981, l’Institut d’art plastique de l’Université de Veracruzana, au Mexique, l’invite pour donner un cours de design graphique. Avec « la période spéciale » des années 1980, qui entraîne le déclin et l’arrêt presque brutal de l’affiche cubaine (l’ICAIC imprime moins de cinq affiches par an, contre une par semaine dans les années 1970), Ñiko est nommé président de la section graphique de l’Union des écrivains et des artistes cubains. Désireux de poursuivre sa pratique d’affichiste et suite à l’invitation pour enseigner à l’Université de Veracruzana à Xalapa, au Mexique, Ñiko quitte définitivement Cuba.