Conçu par le décorateur, collectionneur et céramiste Georges Hoentschel, ce spectaculaire ensemble de boiseries et de mobilier provient du pavillon de l’Union centrale des arts décoratifs (Ucad), édifié sur l’esplanade des Invalides, pour l’Exposition universelle de 1900.

Après avoir été présenté à l’Exposition universelle de Saint-Louis aux États-Unis en 1904, le Salon du bois est modifié par Hoentschel pour être remonté en 1905 dans la grande galerie du pavillon de Marsan, pour l’ouverture du musée. Il déploie de hautes boiseries de platane d’Algérie sculpté de branches d’églantines fleuries auxquelles répondent par leurs chaudes tonalités les tentures de soie brochée rose dessinant des lauriers et des églantiers entrelacés. Au mur, la grande toile d’Albert Besnard, L’Île heureuse, inspirée du Pèlerinage à l’île de Cythère de Watteau, prolonge la contemplation des œuvres en vitrines vers un horizon idéal.

Pensé comme le cabinet d’un amateur d’objets d’art moderne, ce sublime écrin des chefs-d’œuvre des arts décoratifs offre l’expérience du vrai luxe : celui de s’extraire de la réalité du quotidien pour jouir de la délectation du beau. La sélection des objets en vitrine - en majeure partie acquis entre 1890 et 1900 et exposés dans le pavillon de l’Ucad - témoigne des fondements de l’Art nouveau et de la création autour de 1900.