Conférences

Lotus d’or et pied mignon : cultes du petit pied en Chine et en Occident

Du XVIIIe siècle au début du XXe siècle, plusieurs chroniqueurs ont comparé les délicats souliers portés essentiellement par les femmes occidentales avec les petits chaussons de soie brodée que les Chinoises utilisaient pour couvrir leurs pieds à l’anatomie si modifiée par de longues années de bandage. Certes, si l’on juxtapose le chausson d’un « lotus d’or » – une des appellations données aux petits pieds chinois – avec un soulier féminin, porté en Occident au XVIIIe ou au XIXe siècle, le lotus bat incontestablement les records de petitesse ; toutefois, le soulier occidental ne peut nous laisser indifférents par sa taille menue. On aura beau accuser la taille de nos ancêtres, l’hygiène alors sommaire, la médecine balbutiante ou plus généralement les conditions de vie d’autrefois, rien n’y fait : les souliers sont anormalement petits et semblent être davantage le résultat de pratiques sociales, voire de modifications corporelles que de la génétique, si bien que la comparaison entre un « lotus d’or » et un menu escarpin du XVIIIe siècle ne paraît pas si infondée.

Avec Denis Bruna, conservateur en chef pour les collections Mode et Textile antérieures à 1800 au Musée des Arts Décoratifs.

Mercredi 29 janvier 2020 de 18:30 à 20:00 Réserver

Chaussures de sport : la technique au service de la performance

Si dans l’Antiquité les athlètes pratiquaient les activités physiques en étant souvent nus et sans chaussures, cet accessoire s’est par la suite généralisé. Au Moyen Âge comme à l’époque moderne, on conserve ses chaussures de la vie quotidienne lors des pratiques sportives. La première révolution technique réside en grande partie dans l’utilisation de caoutchouc pour la fabrication des semelles, essentiellement dans la seconde moitié du XIXe siècle. Ce matériau aurait été expérimenté aux États-Unis pour les semelles des chaussures de croquet, qui sont désignées par le terme de sneakers vers 1875. Dans les années 1890, le caoutchouc trouve toute sa place dans la réalisation des semelles des chaussures de tennis. Elles ont l’avantage de rendre les chaussures plus légères et surtout moins glissantes qu’une semelle en cuir. Mais comment cette petite chaussure de toile et de caoutchouc s’est-elle transformée afin de contribuer aux performances sportives des athlètes ? Des réflexions des équipementiers sportifs naissent des procédés techniques tels que les crampons à vis amovibles, les coques de protection de doigts de pieds, les semelles à ventouses, les semelles en forme de gaufres, les coussins d’airs et bien d’autres…Le confort qu’offrent ces accessoires dédiés au sport est tel qu’ils sont adoptés dans la rue pour la marche quotidienne, jusqu’à en devenir aujourd’hui de véritables objets de mode.

Avec Hélène Renaudin, assistante de conservation pour les collections Mode et Textile antérieures à 1800 au Musée des Arts Décoratifs.

Mercredi 5 février 2020 de 18:30 à 20:00 Réserver

Table ronde : Publicité, mémoire, patrimoine

À l’heure actuelle, la publicité du passé suscite un intérêt croissant non seulement de la part des collectionneurs et des amateurs mais aussi des institutions patrimoniales et des entreprises attentives à la valorisation de leur histoire. Organisée à l’occasion de la publication du dossier « La publicité qui reste. Usages et réactualisation des artefacts publicitaires du passé » de la revue Études de communication, cette rencontre se propose de questionner la nostalgie que la publicité d’autrefois déclenche, les processus mémoriels qu’elle arrive à activer ainsi que les enjeux de sa patrimonialisation et de sa remise en circulation.   Simona De Iulio (professeure en Sciences de l’information et de la communication, GERiiCO, Université de Lille) et Carlo Vinti (enseignant-chercheur en Sciences du design, Université de Camérino) introduiront la problématique de cette rencontre. Différents acteurs seront ensuite invités à échanger sur les enjeux de la permanence de la publicité du passé dans le présent : Caroline Marti (professeure en Sciences de l’information et de la communication, Celsa, GRIPIC, Sorbonne Université, modératrice), Cécile Armand (historienne post-doctorante à Aix-Marseille Université), Amélie Gastaut (conservatrice en chef des collections Design graphique et publicité du MAD), Valérie Sacriste (maitresse de conférences en Sociologie, Université Paris) et Benjamin Suc (directeur conseil archives chez Limonade & Co).

Mercredi 11 mars 2020 de 18:30 à 20:00 Réserver

Informations

MAD - salle de conférences
111, rue de Rivoli
75001 Paris

Plan d’accès


• Information jusqu’à la veille de la séance uniquement par courriel : conference@madparis.fr

Tarifs / réservation

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Plein tarif : 5 €
Amis du MAD : 4 €
Étudiants : 2 €


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Programme des conférences
Septembre 2019 / février 2020
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Privatisations

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